La lumiere de l'automne n'a jamais été aussi penetrante qu'aujourd'hui.
Tous ces objets qui ont une histoire entassés sur les pavés,
ces vieilles réminiscences qui dégagent leur odeur de cuir tanné et de poussière oubliée.
Des particules de souvenirs bradés, ceux dont l'on veut se débarrasser a tous prix.
Vous savez les choses qui s'entassent dans les tiroirs de nos mémoires
et puis qui une fois l'an sont vendus ou vidés dans la benne à ordures la plus proche.
Le vide-grenier d'un debut d'automne chatoyant.
Et curieusement lorsque toutes les trouvailles sont exposées,
il flotte dans l'air comme un air de mélancolie.
Une sorte de nostalgie bucolique que l'on ne saurait trop décrire
mais que l'on ressent si fort qu'il est impossible de ne pas s'en apercevoir.
Une sorte d'étreinte poignante du passé. La dernière avant la séparation.
Et la plupart du temps, il y a aussi une lumiere particuliere,
Une que l'on dirait tout specialement créee pour cette journée de bizarreries,
Une de ces lumières radieuses qui nimbe toutes les âmes et même les plus pluvieuses,
et pourtant une lumiere emplie de morosité mais si éclatante
que l'on dirait qu'elle transperce les coeurs et qu'elle révèle les verités.
Elle est de la couleur du Temps et elle fait briller de plus belle les trésors sur des étals.
C'est elle qui accompagne les échanges et qui rythme le flot des souvenirs.
C'est elle qui donne du tout et de la réalité à tout ça.
En attendant, chaque camelot rêve et se grise de l'or qui les éblouit, chacun pense
et se replonge dans les méandres de lui-même.
Décidément la lumière prête à la pensée et aide dans son cheminement!
On se laisse alors juste transporter et bercer par la douceur de l'automne qui arrive.
Je crois que la rupture n'a jamais été aussi bénéfique,
un nouveau monde s'ouvre dans le for intérieur de chacun.
Un monde plus beau et dans lequel on se sent mieux.
Je n'aurai jamais cru avoir besoin de rompre avec moi-même pour me sentir vivre.
On sent la sérénité automnale nous envahir et au final on se laisse griser,
et en réalité c'est cela qui soulage.
On ne se sent plus se survivre à soi-même et l'âme se repose.
On pense alors alors avec ses multiples sens, les synapses sont émoustillés
et la fibre humaine se réveille de son lourd sommeil estival.
Les atomes se sentent l'humeur coquine et tout l'être tressaillle.
Commme c'est bon. Comme c'est reposant.
On sait que notre Autrui est quelque part, non loin de nous.
On le sent et on se fie à son instinct, on ne provoque pas les choses,
tout cela arrivera bien assez vite, on se fait juste confiance. On s'écoute.
Et l'être tout entier dialogue, il s'exprime pleinement ... et il se fait tres bien comprendre!
Saveur ambrée sur la peau et exotique dans la pulpe de mon âme.
Le couchant dans sa 'splendeur orientale' se pare d'hyacinthe et de rubis. Joyaux de la vie.
Dégustation pure.
Pixx : Glanum autumn06